Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Guirlande de vieux films (Mai/2)

Un soir ... par hasard, Ivan Govar, 1963

Après une grande découverte, un savant atomiste est victime d'un accident de moto. Il est aussitôt recueilli par un couple étrange et mystérieux. Jusqu'à un quart d'heure de la fin, nous baignons dans une atmosphère étrange au gré d'une intrigue pas spécialement crédible mais non dénuée de mystère dans un halo fantastique. Hélas, le dénouement nous ramène à une histoire d'espionnage encore moins vraisemblable et qui, surtout, dissipe toute atmosphère. Avec en sus une histoire d'amour passablement niaise. Non, mais halo, quoi ! Annette Stroyberg, sculpturale mais piètre actrice, donne la réplique au très falot (non, mais falot, quoi !) Michel Le Royer. Heureusement que Jean Servais, plus inquiétant que jamais, et Pierre Brasseur, matois comme toujours, dans des rôles secondaires, évitent l'enlisement complet.

 

La dame de pique, Léonard Keigel, 1965

A la veille de la Révolution française, une comtesse russe, joueuse invétérée, est proche de la ruine. Un homme mystérieux lui révèle une martingale permettant de gagner à coup sûr, à condition de ne la jouer qu'une seule fois. Deuxième film de Léonard Keigel, qui n'en réalisa que quatre, cette adaptation de Pouchkine est très marquée par la scénarisation de Julien Green. L'atmosphère fantastique, tendance sinistre, y est, mais le film pâtit d'un manque de moyens évident et surtout d'une interprétation pratiquement figée, à commencer par celle de Dita Parlo, qui eut son heure de gloire avec l'Atalante. S'il s'agissait de montrer l'enfer du jeu à travers des personnages damnés tels des fantômes, le pari est réussi mais le spectacle demeure assez lugubre et empesé.

 

Et mourir de plaisir, Roger Vadim, 1960

Persuadée d'avoir hérité de la malédiction de son ancêtre vampire, Carmilla se rend, une nuit, chez Georgia, la belle jeune femme que doit épouser son cousin Leopoldo. Cinquième film de Roger Vadim et adaptation d'un récit de l'écrivain fantastique irlandais Sheridan Le Fanu, célèbre dans les pays anglo-saxons. Le film vaut principalement pour les images somptueuses et stylisées de Claude Renoir qui crée une ambiance à la fois mortifère et poétique, à l'image de son autre titre, Le sang et la rose. A noter aussi une musique enveloppante de Jean Prodromidès. Mel Ferrer et Elsa Martinelli sont un peu sous-employés face à la fascinante vampire blonde Annette Stroyberg (épouse de Vadim à l'époque). Cette dernière n'a tourné que 10 films en 6 ans avant d'abandonner le cinéma. Sans être un grand admirateur du réalisateur, on peut cependant se laisser entraîner par l'étrangeté gothique du film qui culmine dans un cauchemar en noir et blanc tacheté de rouge.

 

Le bal des passants, Guillaume Radot, 1944

Un compositeur, que sa mère a élevé seule, quitte sa femme qui, se croyant à tort trompée par son mari, vient d'avorter. Il part pour l'Amérique et ne reviendra que 7 ans plus tard. Après Le loup de Malveneur, Guillaume Radot accepte une commande subventionnée par le ministère de la famille de Vichy pour son second film. On y parle d'avortement, mais de façon assez prude, dans le but de stigmatiser les femmes qui y recourent et d'encourager la natalité. Il s'agit donc d'un mélodrame de la plus belle eau, que d'aucuns pourront bien trouver effarant mais qui, cependant, ne manque pas de qualités dans sa mise en scène et dans l'interprétation d'Annie Ducaux et de Jacques Dumesnil. Son côté romanesque et romantique sont prenants à condition de s'efforcer de se remettre dans la position d'un spectateur du temps de l'Occupation. Le bal des passants est le deuxième et dernier film connu de la petite Bijou, dont on perd la trace après la guerre et qui a inspiré un roman éponyme à Patrick Modiano.

 

Ceux du rivage, Jacques Séverac, 1943

Sur les bords de l'Atlantique, un drame de famille divise deux hommes : l'un soupçonnant l'autre de l'avoir trompé avec sa femme, maintenant décédée. Tourné dans le bassin d'Arcachon, dans le milieu des ostréiculteurs, le film a été longtemps invisible avant qu'une copie ne soit retrouvée par hasard. L''histoire est assez conventionnelle mêlant mélodrame avec secret de famille, romance, suspense et comédie avec un antagonisme entre deux messieurs qui rappelle, en moins bien, des scènes de Pagnol. Il est vrai que l'accent pris par les acteurs est assez aléatoire et rappelle plus Marseille que le Sud-Ouest. C'est loin d'être un navet pourtant et le réalisateur, Jacques Séverac, fait correctement son travail. L'interprétation est inégale, de l'outrance de Charpin et Aimé Clariond au naturel de Blanchette Brunoy et de Raymond Bussières. Un film typique des années d'Occupation, pas mémorable, mais assez distrayant dans son genre, surtout pour l'ambiance. Cela ne vaut pas huitre et demi sur dix, évidemment.

 



13/05/2019
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